PATRIMOINE

Les églises :

L’église baroque San Vitu commencée au XVIIe siècle et parachevée au XVIIIe siècle, la chapelle romane de San Sari située près de U Loru, datée par Madame Moracchini-Mazel de la fin Xe siècle ou la première moitié du XIe siècle qui a servi d’église paroissiale temporaire sous le vocable San Vito et San Cesareo en 1619 après l’abandon définitif de l’ancienne église romane de San Vitu située près de A Tizzola et A Presa, la chapelle de Santa Chjara qui existait en 1658, l’église San Parteu de Turrenu actuellement sous la forme d’une maison de campagne, dont certaines pierres ont été datées du Ve ou VIe siècle et d’autres de la fin du Xe siècle.

 

 

Ponte à Turrenu :

(construit au Moyen-Âge)

 

Il se trouve à 80 m environ à vol d’oiseau en amont de l’actuel pont sur le Bivincu de la D 82, bretelle ouverte en 1982 reliant le col de la Vierge (A Madonna di E Piane) au col de Santu Stefanu. Pour s’y rendre, prendre à pied le chemin côté droit en amont du fleuve, longeant l’amenée d’eau ou "piobba" du Moulin. Du Ponte à Turrenu (altitude 317 m), un sentier permet de rejoindre l’ancien village ruiné de Turrenu et un autre vers Rutali par San Vitu.

 

En 1531, Mgr Agostino Giustiniani évêque du Nebbiu de 1514 à 1536, dans sa Description de la Corse parle d’un pont de pierre pour franchir le Bivincu et au-delà deux petits villages Rutali et Torreno (Tureno). Origine de ce pont ? Giovanni della Grossa qui vivait au XVe siècle indique dans sa Chronique du Moyen Âge que les Pisans nous ont laissé de superbes ponts. Celui-ci faisait-il partie du lot ? Ce n’est pas impossible lorsqu’on pense aux chefs-d’œuvre laissés par les Pisans dans le domaine des édifices religieux dans le Nebbiu. De même que les Romains eux-mêmes ont pu édifier un pont sur ce même emplacement, la base serait alors romaine.

Mgr Giustiniani cite également les forges "e ferrere" de feu Messer Bartolomeo di Negro, ainsi que du bois propres à faire du charbon en grande quantité. Une de ces forges est à une centaine de mètres sur la commune de Rutali, appelée A Ferrera Vechja. L’autre en amont du fleuve au confluent du Bivincu avec le Filiccione appelée Ferrera Suprana sur territoire muratais couplée avec une autre en contrebas sur territoire de Rutali qui sera équipée au XVIIIe siècle d’un haut fourneau.

Olmeta di Tuda et Vallecalle confine également avec le pont. C’est donc le point de convergence de trois communes. Le chemin descendant de Rutali ou de Turrenu continue le long du fleuve vers Ortale via E Piane tandis que de l’autre côté se situe le chemin d’Olmeta via le Col de Santu Stefanu.

 

Caractéristiques du Pont :

  • Arches : 3

  • Longueur : 46 m

  • Largeur : 2,50 m en comptant les murettes défaites sur les bords larges de 0,40 m chacune et hautes de 0,60 m. Le passage "ricciatu" ou hérissé est donc de 1,70 m.

  • Hauteur : 7 m environ à partir du point central.

 

Le Monument aux Morts 

Il porte les noms des Rutalais victimes de la guerre 1914-1918 et de celle de 1939-1945.



La statue de A Madonna di e Piane 

Elle a été inaugurée le 3 mai 2003 en remplacement de celle de 1951 endommagée par la foudre.


 

 

La civilisation agro-pastorale :

Les sentiers (i chjassi), les paillers(i pagliaghji), les aires à blé (l’aghje) ainsi que les maisonnettes (e casette, caselle, casarelle) disséminés dans nos campagnes, témoignent de l’ancienne civilisation agro-pastorale et de l’intense activité de nos ancêtres. L’association Opera di Rutali a mis en valeur ces vestiges dans le parcours « Trà aghje è pagliaghji » de Turrenu jusqu’à Casella, un circuit de 3, 3 kms, pour plus d'infosvoir le diaporama. Une belle promenade pédestre à découvrir.

 


Les fontaines :

Funtana Vechja, Funtana Nova, I Pantani, A Ghjattaghja, A Cannuta, E Varghete, A Muccarella. (Toutes potables sauf celle de A Ghjattaghja)



 

Les fours :

On en comptait une douzaine près des maisons.


Les moulins le long des rivières (A Ficarella, deux à l’Attulinu)

 

Les ferrières (e ferrere) :


E Ferrere ou ferrières. A Ferrera Vechja près du Ponte à Turrenu existait en 1500 et a été exploitée longtemps du temps des Génois.

A Ferrera couplée avec celle de Muratu, avait un haut fourneau au XVIIIe siècle. Pasquale Paoli s’en est servi en vue de la monnaie et des armes.

 

 

 

L'Eglise de Santa Chjara (Sainte-Claire)

 

Célébration le 12 août. Offrant une vue imprenable, la chapelle a été édifiée à 800 mètres d’altitude, sur un plateau sur-plombant d’un côté la mer Ligure, la région du Nebbiu et de l’autre la mer Tyrrhénienne, la plaine qui s’étend de Bastia à la Casinca.
 

La date de sa construction reste incertaine, toutefois l’oratoire de Santa Chjara y est mentionné à travers un texte datant de 1658.

Anton Pietro Filippini, historien du XVIème siècle mentionne des incursions barbaresques jusque sur les hauteurs de Rutali, à proximité de Santa Chjara où de nombreux lieux étaient habités et fortifiés. D’ailleurs, à l’intérieur de la chapelle se trouve une toile du peintre Bassoul du XIXème siècle représentant la Sainte tenant en main l’ostensoir en signe de dévotion. Ce même ostensoir qui avait fait fuir les Sarrasins. La paroisse possède également une icône de Santa Chjara aux mêmes caractéristiques. Jadis, un ermite pour une aumône la faisait vénérer.

Un autre texte de 1743 indique que les soldats du Roi de France venus épauler la République de Gênes ont forcé la porte de l’oratoire de Santa Chjara pensant que des rebelles corses s’y étaient réfugiés.

De tradition orale, la légende raconte que des bergers de Rutali ont été surpris par le mauvais temps, dans un brouillard angoissant, ténébreux, durant de longues heures, cherchant inlassablement un chemin pour rejoindre le village. Leurs prières résonnaient alors dans la vallée. Tout à coup, la brume s’écarte, se disperse et le ciel s’éclaircit. Devant un tel miracle, ils jurèrent d’édifier un oratoire dédié à Sainte Claire, et de l’honorer chaque année au travers d’un pèlerinage.

 

Depuis, le 12 août au matin, les Rutalaises et Rutalais se dirigent à pied vers la chapelle pour fêter la Sainte Claire. Après la messe, la statue est portée en procession jusqu'au rocher dominant le village. Les villageois se retrouvent ensuite pour partager un repas champêtre.
 

(À proximité, en surplomb du lieu de la catastrophe a été érigée une stèle à la mémoire des victimes du 25 avril 2009 lors du crash de l’hélicoptère Dragon 2B. L’association A Memoria di Dragon 2B » dont le siège social est à la Mairie de Rutali a été créée).

L'Eglise San Vitu (Saint Vitus)

Cette église baroque date du XVIIe siècle (peut-être du milieu du siècle en remplacement de l’église romane de San Sari devenue San Vito et San Cesareo en 1619 suite à l’abandon de l’église romane de San Vitu, appelée San Vito et San Modesto en 1638 et San Vito en 1655) puisque dans sa visite de 1686, le visiteur apostolique mentionne l’autel majeur, les autels de St Joseph, Saint Antoine Abbé, le baptistère, le confessionnal, quatre lieux de sépulture dans l’église. L’un à Felice Rutali, l’autre à la confrérie des hommes, le troisième à la compagnie des femmes, le quatrième à la communauté. Un cinquième est demandé pour les tout petits. En 1703, Mgr Giustiniani mentionne les autels de Saint Joseph et de Saint Antoine.

En 1723 le chanoine Petru Rutali laisse l’usufruit des châtaigniers de Truita au bénéfice des chapelles de ND du Rosaire et de Saint Antoine. Les dates de 1765-1773 (période de Pasquale Paoli et de la conquête française) inscrites sur le fronton du chœur concernent les travaux de la forme définitive de l’église dont on peut admirer sur la voûte la représentation en stuc de San Vitu martyr.

Il y eut depuis, maints travaux d’aménagement et d’ornementation tant l’église est l’objet de dons et d’attention de la part des paroissiens et de la municipalité. Dans la sacristie, deux Christs en croix dont celui de gauche qui était porté en procession le soir du Jeudi-Saint autour du village et devrait provenir de l’ancienne confrérie Santa Croce, devenue presbytère et aujourd’hui appartenant à la commune ; exposée sous vitre, une chasuble rouge à fleurs blanches et vertes et ornée de galons contenant des paillettes d’or achetée le 29 septembre 1790 (période Révolution et retour de Pasquale Paoli) pour célébrer la messe le jour de la Saint Vitus ; en sous vitre également une chasuble en drap d’or offerte en 1860 par l’Impératrice Eugénie épouse de Napoléon III et un dalmatique.

Toile datée de 1805 (temps de Napoléon 1er) représentant Saint Vitus et Saint Modeste martyrs avec la Vierge et l’Enfant Jésus ; toile de Saint Antoine devant la Madone et l’Enfant Jésus qui lui offre la fleur de lys (début XVIIIème siècle) ; statue de San Vitu (de 1893 et la première en plâtre de l’église) ; statue de la Vierge en bois doré appelée A Madunnuccia du XIXème offerte par les Filles de Marie ; vitrail de l’Immaculée Conception récent ; meuble de sacristie provenant du couvent d’Olmeta di Tuda supprimé en 1792.

Près du maître-autel, plaque en l’honneur des prêtres, curés-doyens ou chanoines originaires de Rutali : Sébastien Negroni, Pierre Finocchi, les deux François Casta, Louis Vincenti, Jean-Thomas Flori et Ambroise Giuliani.

 

Article rédigé par Louis GIACOMONI

Toponymie

Le nom de Rutali (Rùtali, prononcé "routali") nous est connu pour la première fois en 1254 dans un texte latin. Il pourrait désigner soit les formes arrondies du terrain (alentours de A Parata) ou les méandres du fleuve Bivincu (rotulu, le rouleau, rota, ruta ou rotula la roue). Peut-être les anneaux ou rondelles pour ajuster les poids (autres sens de rotulu) des objets fabriqués en fer. Il y avait une ferrière à Rutali. Certains y voient un rapport avec la plante aux fleurs jaunes a ruta, la rue. D’autres, un rapport avec le déchiffrement (rudu, terrain en jachère).
 

 
 
Population à travers les âges
  • 1454 : 34 feux (fochi) dont 21 à Toreno, 11 à Rutali et 2 à la Tuzzola selon le registre de la Taille (Taglia) de la Banque Saint Georges de Gênes (avec prénom des chefs de feux ou mention la veuve ou les fils de...)

  • 1537 : 33 feux dont 18 à Rutali, 15 à Toreno avec 4 feux comptés à part dont "lo piovano" selon le registre de la Taille génoise (le prénom du chef de feu est suivi de celui de son père, mention la veuve "la vedua" ou les orphelins de...)

  • 1670 : 145 âmes. Liste nominative établie par le podestat Giuliano.

  • 1686 : 170 âmes ("de Petris" visiteur apostolique. Acte en latin. Le recteur de l’église paroissiale San Vitu était le Révérend Prêtre Ghjuvanni "de Paduanis" ou Padovani de Soriu)

  • 1703 : 230 âmes pour 50 feux. Visite de l’évêque de Nebbiu Mgr Tomaso Giustiniani.

 

Début XVIIIème siècle : 237  (Cf. Storia veridica della Corsica par Accinelli)

  • 1741 : 330 âmes et  63 feux. Liste nominative par foyer et âge de chacun, établie par le curé Don Tiburziu Pieve. Pas de nom de famille.

  • 1769 : 258 habitants et 62 feux. Liste nominative par foyer, noms de famille qui apparaissent, âge pour chaque personne, nombre et nature des bestiaux. Dénombrement par l’Armée française.

  • 1786 : 343 habitants pour 81 feux. Liste nominative par foyer, nom de famille, âge de chacun au 1er janvier, profession du chef de famille, nombre et nature des bestiaux. Dénombrement Isle de Corse, communauté de Rutali, subdélégation de Saint Florent. 

  • 1802 : 399 habitants pour 90 feux selon l’Elenco di dimande du préfet du Golo enquête demandée par Napoléon. 257 questions et réponses en italien. Du temps du Maire Tomaso Rutali.

  • 1810 : 387

  • 1818 : 335 personnes pour 85 feux. Noms et prénoms des chefs de feux, et seulement le nom de famille d’origine pour l’épouse. Nombre de fils et filles. Âge et profession. Rédigé en italien, du temps du Maire Pasquale Negroni.

  • 1841 : 468

  • 1846 : 508 habitants. Liste nominative par foyer avec âge, profession, nom de famille et prénom de l’épouse. Rédigé en français, du temps du Maire Pierre-François Antoni.

  • 1851 : 528

  • 1856 : 520

  • 1861 : 532

  • 1863 : 528  (cf. Histoire de la Corse par l’Abbé Galletti)

  • 1866 : 545

  • 1872 : 547

  • 1876 : 532

  • 1881 : 568

  • 1886 : 573

  • 1891 : 528 (récapitulatif)

  • 1901 : 533

  • 1906 : 523

  • 1911 : 531

  • 1923 : 518 (cf. Histoire de la Corse par Ambrosi)

  • 1931 : 514.  Dénombrement avec noms et prénoms de chaque membre du foyer avec année et lieu de naissance, nationalité, profession. Du temps du Maire Ignace Rutali.

  • 1938 : 516 (Annuaire de la Corse de 1938)

  • 1946 : 525

  • 1954 : 286

  • 1962 : 218

  • 1968 : 198

  • 1975 : 194

  • 1982 : 181 (INSEE après Recensement)

  • 1990 : 222 (INSEE après Recensement)

  • 1999 : 247 (INSEE après Recensement)

  • 2009 : 334 (INSEE après Recensement)

  • 2010 : 350 (INSEE après Recensement)

  • 2011 : 362 (INSEE après Recensement)

  • 2013 : 386 (INSEE après Recensement)

  • 2017 : 387 (INSEE après Recensement)

 
photo254.jpg
 

///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////